Nous observons régulièrement des coureurs à pied qui négligent leur renforcement musculaire profond. Cette approche provoque souvent des déséquilibres et des blessures évitables. Deux disciplines issues d’une même philosophie permettent justement de combler ce manque : le Pilates et la méthode Lagree. Ces pratiques partagent effectivement une base commune centrée sur le contrôle moteur et la stabilité du tronc, mais leurs applications diffèrent radicalement dans l’intensité et les objectifs visés. Joseph Pilates a créé sa méthode dans les années 1920, tandis que Sébastien Lagree a développé son approche en 2001 à Los Angeles, en s’inspirant directement des principes pilatesiens. Nous allons décortiquer ces deux systèmes comme nous analysons un plan d’entraînement : de manière factuelle et mesurable.
Les fondations communes et leurs adaptations techniques
Les deux méthodes reposent sur une respiration synchronisée avec le mouvement et un engagement permanent du centre du corps. Cette zone comprend les abdominaux profonds, le plancher pelvien et les muscles lombaires. Joseph Pilates avait baptisé ce concept le « powerhouse », et ce principe reste intact dans l’approche de Lagree.
Pilates ou Lagree : quelle methode correspond a votre profil ?
Selectionnez votre objectif principal :
La différence majeure réside dans les équipements utilisés. Le Reformer traditionnel fonctionne avec un système de ressorts calibrés et de poulies qui génèrent une résistance progressive. Cette machine mesure environ 2,30 mètres de long et permet des ajustements de résistance variant généralement entre 0,5 et 15 kg selon les ressorts sélectionnés. Le Megaformer, créé spécifiquement pour la méthode Lagree, s’étend sur près de 3 mètres et intègre deux plateformes mobiles indépendantes. Nous avons constaté que cette configuration permet une amplitude de mouvement supérieure et des transitions plus exigeantes entre les exercices.
Le tempo constitue un autre élément distinctif fondamental. En Pilates classique, les mouvements s’exécutent sur un rythme fluide mais contrôlé, généralement 3 à 4 secondes par phase. Le Lagree impose un tempo beaucoup plus lent : 4 secondes pour la phase concentrique, 4 secondes pour la phase excentrique. Cette lenteur maintient une tension musculaire constante qui sollicite davantage les fibres de type I et IIa, essentielles pour l’endurance musculaire. D’ailleurs, cette approche peut compléter efficacement les étirements du psoas pour sportifs qui nécessitent eux aussi une exécution contrôlée.
| Critère | Pilates | Lagree |
|---|---|---|
| Durée moyenne séance | 60 minutes | 45-50 minutes |
| Tempo mouvement | Modéré (3-4 sec) | Lent (8 sec total) |
| Résistance maximale | Environ 15 kg | Variable jusqu’à 30 kg |
| Fréquence cardiaque moyenne | 100-120 bpm | 130-150 bpm |
Des objectifs d’entraînement radicalement différents
Le Pilates vise principalement la rééducation posturale et la mobilité articulaire. Nous recommandons cette approche pour les coureurs qui reviennent après une blessure ou qui souffrent de déséquilibres chroniques. Une étude publiée dans le Journal of Bodywork and Movement Therapies en 2019 a démontré que 12 semaines de Pilates réduisaient les douleurs lombaires de 47% chez des sportifs réguliers. Cette méthode améliore également la proprioception, cette capacité à percevoir la position de son corps dans l’espace.
La méthode Lagree poursuit des objectifs plus axés sur la performance musculaire et la composition corporelle. Les séances génèrent une dépense énergétique plus élevée, entre 400 et 600 calories selon l’intensité. Nous avons observé que cette approche développe simultanément force et endurance musculaire, un combo particulièrement utile pour les traileurs qui doivent maintenir une bonne posture sur des efforts longs.
Pour les coureurs spécifiquement, ces deux disciplines offrent des bénéfices complémentaires :
- Le Pilates corrige les dysfonctions de la chaîne postérieure et améliore l’extension de hanche
- Le Lagree renforce les stabilisateurs latéraux et développe la résistance à la fatigue musculaire
- Les deux méthodes diminuent les compensations motrices qui mènent aux blessures
- Elles renforcent le contrôle neurommusculaire pendant la phase d’appui
Nous intégrons personnellement des exercices isométriques similaires à ceux pratiqués en Lagree, notamment le L-sit qui sollicite plusieurs groupes musculaires de manière coordonnée.

Quelle méthode intégrer dans votre planification
Nous appliquons une logique simple : choisir selon la phase d’entraînement et l’objectif immédiat. En période de reprise ou après une blessure, le Pilates constitue une base solide pour reconstruire les fondations. Son intensité modérée permet de travailler 2 à 3 fois par semaine sans compromettre la récupération. Les séances durent généralement 60 minutes et peuvent s’intégrer les jours de repos actif.
Le Lagree s’inscrit plutôt dans une logique de préparation physique générale intensive. Nous le considérons comme une séance de renforcement musculaire complète qui remplace avantageusement une session classique en salle. La fréquence optimale se situe entre 2 et 3 séances hebdomadaires, avec au moins 48 heures de récupération entre chaque session. L’intensité élevée génère des courbatures significatives les premières semaines, un paramètre à anticiper dans votre planification.
Pour les personnes sédentaires ou débutantes, nous conseillons de débuter par 4 à 6 semaines de Pilates avant d’envisager le Lagree. Cette progression permet d’acquérir les bases du contrôle moteur sans risquer la surcharge. Les sportifs confirmés peuvent directement intégrer le Lagree, mais nous insistons sur l’apprentissage technique initial : les mauvais placements se paient cash en efficacité et en risque de blessure.
La combinaison des deux approches fonctionne remarquablement bien. Nous recommandons une session de Lagree en début de semaine pour le stimulus intense, puis une séance de Pilates en fin de semaine pour la mobilité et la récupération active. Cette alternance maintient un volume de renforcement suffisant sans compromettre vos séances de course.
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