Nous avons testé cette boucle militaire historique qui traverse le massif de l’Authion, et franchement, c’est devenu notre référence quand on veut partager une sortie accessible dans les Alpes-Maritimes. Le tracé mesure exactement 6,4 kilomètres avec 265 mètres de dénivelé positif, ce qui permet de randonner environ deux heures tout en profitant d’un panorama exceptionnel sur les sommets du Mercantour. Le secteur reste ouvert d’avril à novembre selon l’enneigement, mais nous privilégions l’automne quand les couleurs dorées des mélèzes transforment le paysage.
Le départ se situe à la Baisse de Tueis, sur la D68, quatre kilomètres après Turini Camp d’Argent. Une quinzaine de places gratuites sont disponibles juste avant le chalet, un point stratégique à 1 800 mètres d’altitude. Depuis Nice, comptez environ 1h15 de route, tandis que Toulon demande plutôt 2h45. Attention : aucune ligne de bus ne dessert ce secteur, la voiture reste indispensable. Nous vous conseillons d’arriver tôt le matin, surtout les week-ends d’été où le parking affiche rapidement complet vers 10 heures.
Pourquoi cette boucle combine accessible et spectaculaire
Dès notre arrivée au parking, nous avons profité d’une vue plongeante sur la vallée et même, par temps clair, sur la Méditerranée qui scintille à l’horizon. Le sentier démarre juste derrière le chalet, signalé par une balise indiquant la Pointe des Trois Communes. Cette première montée d’un kilomètre représente l’unique difficulté technique : la pente reste soutenue mais régulière, sans passage aérien ni bloc rocheux. Nous avons mis environ vingt minutes pour atteindre le replat sommital.
Avant de partir : connaissez-vous les forts de l’Authion ?
A quelle altitude culminent les fortifications de la Pointe des Trois Communes ?
Une fois sur la plaine d’altitude, le parcours devient presque horizontal, ce qui permet de se concentrer sur l’environnement. Le panorama s’ouvre alors sur plusieurs cimes dépassant 2 500 mètres, notamment la cime du Diable qui culmine à 2 685 mètres. À l’intersection marquée par une balise, nous avons pris à gauche pour progresser vers les premiers vestiges militaires. Ces baraquements en ruines témoignent de l’importance stratégique du massif pendant plus d’un siècle. Pour ceux qui aiment varier les efforts, ce secteur plat permet d’accélérer légèrement le rythme sans risque, un peu comme lors d’une sortie d’un footing équipé avec sa ceinture pour tester sa capacité cardiovasculaire en altitude.
Le chemin relativement stable permet de marcher d’un bon rythme sans surveiller constamment ses appuis. Nous avons croisé des familles avec enfants dès sept ans, ce qui confirme le caractère accessible de cette randonnée. Par contre, nous insistons sur la nécessité d’emporter suffisamment d’eau : même si la distance reste courte, l’altitude et l’exposition au soleil déshydratent rapidement. Nous avons apprécié de pouvoir profiter des tables de pique-nique installées juste au-dessus du chalet, idéales pour une pause ravitaillement au retour.
Les vestiges militaires qui racontent l’histoire des Alpes du sud
La Redoute de la Pointe des Trois Communes, construite entre 1897 et 1899, marque le premier fort des Alpes-Maritimes renforcé en béton armé. À 2 080 mètres d’altitude, cette position contrôlait l’ensemble du massif de l’Authion, verrou stratégique entre la France et l’Italie. L’ouvrage servait de point d’observation et de défense avancé, permettant de surveiller les mouvements ennemis depuis le col de Tende jusqu’à la vallée de la Roya.
En septembre 1792, lors des guerres révolutionnaires, le massif de l’Authion a permis aux troupes piémontaises et autrichiennes de bloquer l’avancée française vers le Piémont. Cette bataille moins connue que d’autres affrontements alpins prouve pourtant l’importance militaire de cette ligne de crêtes. Nous avons trouvé enchantant de marcher sur ces chemins où des soldats ont combattu pendant plusieurs conflits, notamment lors de la Seconde Guerre mondiale où le secteur a connu de violents affrontements en avril 1945.
Après la Redoute, nous avons rejoint le monument aux morts installé près d’une petite aire de stationnement. Les panneaux informatifs détaillent les différentes batailles qui se sont déroulées ici, enrichissant considérablement la compréhension du site. Nous avons ensuite continué sur la route goudronnée avant de bifurquer vers le fort des Mille Fourches, construit également entre 1897 et 1899. Attention : la visite intérieure reste interdite en raison des risques d’effondrement, mais l’observation extérieure suffit amplement pour apprécier l’architecture militaire de l’époque.
| Caractéristique | Détail pratique |
|---|---|
| Distance totale | 6,4 km en boucle |
| Dénivelé positif | 265 mètres |
| Durée estimée | 2 heures environ |
| Altitude max | 2 080 mètres |
| Période conseillée | Avril à novembre |

Notre expérience terrain et recommandations matérielles
Nous avons réalisé cette sortie un jour d’automne où une mer de nuages occupait toute la vallée en contrebas. Ce phénomène météorologique transforme complètement l’atmosphère : on se retrouve littéralement au-dessus des nuages, avec une lumière exceptionnelle et un silence inhabituel. Ces conditions surviennent généralement après une nuit fraîche suivie d’un réchauffement matinal, créant cette couche cotonneuse caractéristique des Alpes du sud.
Concernant l’équipement nécessaire, nous recommandons vivement des chaussures de randonnée montantes. Même si le sentier reste bien tracé, la première montée demande une bonne adhérence et un maintien de cheville. Pour l’hydratation, prévoyez au minimum un litre par personne, voire davantage si vous randonnez en plein été. Certains préfèrent comparer les systèmes d’hydratation pour ce type de sortie courte, sachant qu’une simple gourde en main suffit amplement ici.
Point réglementaire important : les chiens restent interdits dans le cœur du parc national du Mercantour, même tenus en laisse. Cette règle vise à protéger la faune sauvage, notamment les marmottes, chamois et bouquetins qui fréquentent le secteur. Nous avons d’ailleurs croisé plusieurs marmottes sifflant depuis leurs terriers, particulièrement actives en fin de matinée.
Nous avons bouclé le circuit en retournant directement au parking par la route goudronnée après le fort des Mille Fourches. Un itinéraire alternatif permet de monter vers un dernier fort via un chemin en lacets, ajoutant environ quarante minutes et 150 mètres de dénivelé supplémentaire. Nous gardons cette variante pour une prochaine sortie printanière, quand les journées s’allongent suffisamment pour étudier davantage ce massif chargé d’histoire.
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